Fondation Ling - page d'accueil
 
Historique

Fondation Ling
MEDECINE - PSYCHOLOGIE - CULTURE

 

L'histoire de la fondation Ling

Origine et création de la fondation Ling

En 1989, un groupe de médecins suisses effectue un voyage en République populaire de Chine afin de faire le point sur les méthodes thérapeutiques contemporaines qui y ont cours. Au cours de leur visite, ce groupe de médecins est frappé par la façon dont, dans quelques hôpitaux, leurs collègues chinois appliquent conjointement et avec succès, les méthodes occidentales modernes et les méthodes fort anciennes de la médecine traditionnelle (diagnostic des pouls, acupuncture, massages, médicaments végétaux et minéraux). À leur retour, l'un d'entre eux, le Dr Gérard Salem, alors médecin-adjoint à la Clinique psychiatrique universitaire de Cery (Lausanne), organise dans l'hôpital universitaire où il travaille et avec l'aide de son chef de clinique, un séminaire d'études comparatives et interdisciplinaires, qui se tient de janvier 1990 au printemps 1991. L'objectif de ce séminaire est alors de comparer la façon dont la médecine occidentale et la médecine traditionnelle chinoise peuvent décrire et soigner divers syndromes et maladies de type psychosomatique ou de type psychiatrique. Ce séminaire rencontre un vif succès, puisqu'il réunit plus de 75 participants : médecins occidentaux et chinois, psychologues, infirmiers, acupuncteurs, physiothérapeutes, sociologues, juristes, sinologues, écrivains, philosophes, etc.). Le rayonnement de cette approche pluridisciplinaire se fait même bien au-delà du groupe de participants puisqu'il éveille rapidement un vif intérêt chez de nombreux soignants et patients, comme auprès d'une partie de la population et de la presse.

Le Dr Gérard Salem décide alors de pérenniser et de fédérer ces élans enthousiastes. Il conceptualise, dans cette perspective, avec plusieurs participants de ce séminaire, le projet d'une fondation. C'est de cette démarche que la fondation Ling, médecine, psychologie et culture voit le jour le 8 février 1991. Le Conseil de la fondation Ling, qui se réunit la première fois le 25 du même mois, est alors constitué de :

  • Dr Gérard Salem, médecin et président.
  • Dr Bertrand Martin, médecin et vice-président.
  • Me Johanna Graziano von Burg, avocate et secrétaire du Conseil.
  • Madame Yachiun Lo Sangra, psychologue et trésorière.
  • Monsieur Ilario Rossi, anthropologue.
  • Madame Dominique Malatesta, anthropologue.
  • Dr Bertrand Piccard, médecin.

Une séance d'inauguration a lieu le 5 septembre de la même année, à la grande salle du Palais de Rumine, à Lausanne. Une foule enthousiaste de plus de 500 personnes y assiste, avec, parmi elle, des représentants de diverses autorités médicales et universitaires. À cette occasion, la fondation crée un abonnement de soutien à ses activités auquel répondent déjà plus de 500 adhérents durant cette première année, chiffre qui est au demeurant resté stable jusqu'à ce jour.

Douze années d'une riche et passionnante expérience

Portée par l'esprit et l'enthousiasme de ses débuts, la fondation Ling a, durant ses douze premières années d'existence, largement réussi à obtenir et à maintenir les résultats qu'elle espérait obtenir. Le regard rétrospectif que nous pouvons poser aujourd'hui sur le parcours effectué par la fondation depuis sa création laisse émerger distinctement trois périodes d'activité.

La première période, de 1991 à 1996, a permis de réaliser un état des lieux des différentes méthodes de soin pratiquées en suisse romande et de participer activement aux débats publics et académiques ayant cours à leur sujet.

La seconde période, de 1996 à 2001, fut une période de développement. En se basant sur ses acquis, la fondation a pu se consacrer à des activités de recherche, de formations et de réflexions originales au sein de la vie socio-sanitaire romande.

La troisième période, qui a débuté en 2001 et qui s'achève avec l'application du concept que nous définissions dans ce document, fut une période d'analyse et de bilan, tant du contexte socio-sanitaire romand, que des activités de la fondation.

Mentionnons encore, parallèlement à cette évolution, de 1993 à nos jours, l'investissement particulier et constant que la fondation Ling a accompli pour l'hypnose thérapeutique.

1991-1996 : Un état des lieux et des propositions inédites dans le paysage socio-sanitaire romande

Très impliquée dans le débat public sur la question des soins, de la santé et de la maladie, la fondation Ling a, implicitement, épousé les évolutions propres à ces domaines durant ces dernières années. Comme nous l'avons vu, lors de son avènement, la fondation Ling a, tout d'abord, servi à explorer minutieusement la culture chinoise avec ses conceptions de la santé et de la maladie ainsi que ses pratiques de soin. Raison pour laquelle l'identité même de la Fondation en reste fortement imprégnée (La Lettre n°1). Le RP Claude Larre (voir la rubrique consacrée à son hommage), qui fut de son vivant, le parrain de la fondation Ling, fut l'un des plus éminents sinologues occidentaux et la caution qu'il accordait à la fondation Ling authentifiait sans nul doute l'indiscutable qualité du travail qu'elle entreprit à propos de la culture chinoise. La fondation Ling peut du reste se targuer d'être à l'origine du formidable développement du taijiquan et du qigong en Suisse romande (La Lettre n°2). Quasi inconnus en 1991, ces arts du mouvement son maintenant pratiqués dans la majeure partie des parcs des cités romandes et de leurs hôpitaux. Cette exploration a suscité, au sein de la fondation, une réflexion sur les techniques du corps en relation avec la santé (La Lettre n°3) avant de l'amener à réfléchir sur la notion de malheur et de ses ressources cachées (La Lettre n°4). Cette réflexion fut même à la base d'une thèse de médecine, rédigée par le Dr Bertrand Picard sous la direction du Dr Gérard Salem, qui reçut le prix de l'académie de l'Université de Lausanne. La réflexion fut ensuite portée sur la notion de soin (La Lettre n°5) avant de s'orienter, en retour, vers une technique de soin occidentale, reléguée aux oubliettes alors même qu'elle détient un formidable potentiel thérapeutique dans le paysage sanitaire contemporain : l'hypnose. Après ce mouvement progressif, allant de la culture chinoise à la nôtre en passant par les techniques du corps, le soin et le malheur, la fondation mit en œuvre un important chantier sur la question du pluralisme des pratiques de soin. Elle questionna en premier lieu la notion de comparaison (La Lettre n°2) et de différence (La Lettre n°8) avant d'aborder la vaste question du Pluralisme médical dans notre société (La Lettre n°10). Sous l'impulsion du Dr Gérard Salem et de M. Ilario Rossi, fut mis sur pied, en 1993-1994, le séminaire "entre pendule et scanner " durant lequel furent présentés et confrontés plus de quarante modèles de soin différents. Ce séminaire déboucha, en 1995, sur un congrès de deux jours organisé au Centre hospitalier universitaire vaudois à Lausanne et intitulé " Forum soignant ". Ce congrès fut l'occasion d'une rencontre dynamique et constructive entre les soignants des milieux alternatifs ou complémentaires et ceux des milieux académiques. Achevant ses cinq premières années d'existence en restant fidèle à sa mission de réflexion et de découverte de nouvelles formes de soin, la fondation Ling explora encore des thèmes tels que celui de la naissance (La Lettre n°9), du voyage (La Lettre n°12) et finalement de la médecine ayurvédique (La Lettre n°11). La cinquième année d'existence de la Fondation fut l'occasion d'un bilan qui ne pouvait que conclure à la poursuite des différentes missions qu'elle s'était fixées (La Lettre n°13). S'il était alors possible de tirer un bilan très satisfaisant de ces cinq premières années d'existence, il apparaissait cependant que les objectifs que s'était fixés la fondation dans sa charte n'étaient pas encore totalement atteints. Certes elle avait déjà su opérer un formidable travail de recensement et de comparaison entre différentes pratiques de soin, il lui restait cependant encore à explorer l'application directe et pratique d'une pratique originale et humaniste du soin.

1996-2001 : De l'inventaire des modèles à l'exploration de la pratique du soin

Si, grâce à son imposant travail, la fondation Ling avait déjà permis un repérage exhaustif des différents modèles de soins, elle fut cependant amenée à admettre qu'entre modèle conceptuel et pratique du soin, existe le plus souvent un énorme décalage, témoignant de deux réalités distinctes et différentes. Gardant en ligne de mire l'objectif de l'application d'une pratique de soin originale et humaniste, la fondation mis dès lors un accent particulier sur l'analyse de l'activité soignante :

  • Tout d'abord en réfléchissant sur ce que soigner veut dire (La Lettre n°5) puis en replaçant le soin dans un contexte humain et donc philosophique, en traitant des thèmes de l'altérité (La Lettre n°14) puis de l'identité (La Lettre n°15).
  • En donnant ensuite une place plus importante à la personne soignée, en la considérant en tant que personne active, détentrice de compétences et de ressources, telles que la résilience (La Lettre n°20) ou l'aptitude à l'entraide, au self-help (La Lettre n°16).
  • En visitant notre rapport à l'outil de soin dans lequel notre médecine place tant d'espoirs : le médicament (La Lettre n°21).
  • En questionnant notre société sur son choix pour une médecine pour la médecine ou médecine pour la santé ? (La Lettre n°17).
  • En questionnant notre système sanitaire sur sa capacité à l'intégration de différents modèles et de différentes pratiques de soin (La Lettre n°19).
  • En questionnant une autre culture, africaine (La Lettre n°22), afin de nous laisser éclairer en retour par ses savoirs et ses pratiques.
  • En abordant une réflexion sur certains dénominateurs communs entre les pratiques du soin : soigner en reliant (La Lettre n°18), le changement (La Lettre n°23) et l'imagination (La Lettre n°24).

2001-2002 : Le temps d'un bilan fondamental

Le passage du cap des dix années d'existence fut l'occasion de tirer un bilan conséquent sur les activités réalisées par la fondation en réponse aux buts et objectifs initialement formulés. Une année entière fut ainsi consacrée à ce bilan avec une intense activité d'évaluation et d'ajustement aboutissant finalement au présent concept. Durant cette période, les activités publiques de la fondation se firent plus rares, cédant la place à une enquête évaluative auprès des souscripteurs de soutien et des usagers habituels de la fondation ainsi qu'à une intense réflexion entre ses différents collaborateurs internes et externes. Cette période a, de ce fait, débouché en premier lieu sur un profond remaniement du Conseil de fondation afin de rendre celui-ci à la fois plus opérationnel, plus accessible et plus proche de la réalité quotidienne de la direction exécutive et de ses collaboratrices et collaborateurs. Le Conseil de fondation est ainsi actuellement composé des trois personnes dont la disponibilité et l'intérêt ont permis aux activités de la fondation de se développer durant les cinq dernières années de son activité : les Drs Gérard Salem et Eric Bonvin, et Mme Hélène Bottarelli (jusque là directrice de la fondation). En sa séance du mois d'octobre 2002, le nouveau Conseil de fondation demande au Dr Eric Bonvin d'en assurer la présidence, secondé par le Dr Gérard Salem à la vice-présidence et Mme Hélène Bottarelli à la trésorerie.

2003-2004 : La Ling tire sa révérence, vivre l'IRHyS - Institut Romand d'Hypnose Suisse

Dans son dernier numéro de La Lettre, paru en septembre 2003, la fondation Ling tire un bilan de ses activités en faisant le constat d'une diminution progressive de l'intérêt dont bénéficiaient ses activités. Elle a alors décidé de d'ajuster son orientation en proposant un nouveau concept qui paraissait plus adapté à son époque. C'est donc sous l'impulsion et la responsabilité du Dr Eric Bonvin qu'est réalisé ce nouveau concept d'activité de la fondation Ling. Il a cependant fallu constater que ce projet ne suscita pas davantage d'intérêt auprès de des membres de la fondation ou de la population romande, si bien que la fondation a dû se résoudre à prendre d'importantes décisions afin de préserver les acquis et la poursuite de ses buts. Le Conseil de fondation constata en effet que la seule activité qui bénéficiait encore d'un développement stable, voire même florissant, est celle liée au développement et à l'enseignement de l'hypnose thérapeutique assurée par l'Unité d'Hypnose de la Fondation Ling.
Compte tenu de ce bilan, et dans le souci d'éviter la disparition pure et simple de la Fondation Ling, son Conseil de Fondation a finalement décidé de procéder à une restructuration complète de son activité en la centrant exclusivement sur le développement de l'hypnose médicale et socio-pédagogique. Cette décision a eu pour conséquence d'amener une cessation définitive des activités de la fondation Ling au 31 mars 2004.
Mais la fondation Ling n'a pas totalement disparu, elle s'est en fait transformée pour préserver le meilleur d'elle-même : le développement de l'hypnose médicale et thérapeutique. C'est ainsi que la fondation Ling est devenue, le 30 septembre 2004, la fondation Institut Romand d'Hypnose Suisse - IRHyS. La Ling s'est ainsi éteinte, vive l'IRHyS !